Mylène au cinéma, le retour

 

Il semble bien que le voeu le plus cher de Mylène Farmer, revenir au cinéma, soit sur le point de s’accomplir, grâce à son ami Luc Besson. Annoncé pour septembre, le tournage de « L’ombre des autres », d’après le roman de Nathalie Reims, permettra à la chanteuse de renouer avec sa vocation première, lorsqu’elle a débuté sa carrière : être comédienne. Reste à savoir si ce nouveau projet sera couronné de succès. Croisons les doigts…

Qu’en pensez-vous ? Cette expérience sera-t-elle une belle opportunité pour Mylène ?

Mylène a-t-elle raison de vouloir persévérer au cinéma ?

Bernard Giraudeau, écorché-vif

 

J’avais rencontré Bernard Giraudeau il y a deux ans à l’occasion d’une interview. A l’époque, il se déplaçait difficilement et la maladie lui faisait un masque de douleur. Il m’avait repris vertement lorsque j’avais évoqué un « combat contre la maladie ». « On ne combat pas le cancer, m’avait-il dit, on vit avec, on l’apprivoise. » Par la suite, il m’avait appelé à plusieurs reprises, y compris au milieu de la nuit, soucieux de chaque mot qu’on lirait de lui dans l’interview, prompt à s’emporter lorsqu’il sentait la moindre résistance.

Bernard Giraudeau n’était pas zen, contrairement à l’image que certains voudraient donner de lui aujourd’hui. Mais comment pourrait-on l’être quand on se sent condamné ? Cet écorché-vif cherchait la sérénité comme un horizon à atteindre mais, souvent, la rage l’emportait, son tempérament impatient le rendait irascible.

Un an plus tard, en aout 2009, je l’ai croisé dans un wagon de l’Orient-Express, à l’occasion d’une manifestation littéraire organisée par Gonzague Saint Bris. Il avait l’air d’un gamin farceur, riant de tout en compagnie de Claude Sérillon et de Jacques Pradel. Et son beau regard bleu s’est électrisé lorsque je lui ai dit que je me réjouissais de le voir aussi joyeux. J’espère qu’il est parti en paix.

« Nevrospiral » : « The » roman de la rentrée

 

Patrick Olivier Meyer serait-il le neveu frenchy de Bret Easton Ellis ?

 

Ils sont quatre mais, contrairement aux trois mousquetaires, ils ne se rencontrent jamais. Ce qui les unit ? Le nom d’un médicament, Nevrospiral, un anti-dépresseur. Comme le remède à tous les maux de l’époque. De quoi souffrent-ils ? Du grand écart qui sépare l’autoroute de leurs phantasmes et leur existence en forme d’impasse. « Tout le système, dit l’un d’eux, concourt à ce que les gens ne soient pas là, à l’instant présent, à ce qu’ils font, avec qui ils sont. »

Quatre voix différentes, mais concordantes. Il y a Ian, 29 ans, dingue des blondes aux cheveux qui bougent, mais qui vit avec une brune. Richard, une rock-star désabusée, coincé dans une suite d’hôtel avec une groupie blonde. Anita, une blonde à la plastique de rêve, qui aligne les conquêtes, persuadée d’avoir une tumeur au cerveau. Samuel, un jeune homme exilé par son psy à Detroit, et sur le point de tuer sa première blonde. On s’attache à eux, on entre dans les circonvolutions de leurs cerveaux torturés. « Nevrospiral » pourrait s’intituler « Le monde est blonde », ou la blondeur comme quête d’un paradis perdu, d’une lumière dans la grisaille de ces désaxés.

Le premier roman de Patrick Olivier Meyer tranche indiscutablement avec la production française du moment. C’est une gifle à la Jay Mc Inerney que ce journaliste-scénariste inflige à ses lecteurs. Sans doute parce qu’il a passé les deux première années de sa vie en Californie, son livre décrit un monde qui relève davantage du labyrinthe que de l’Hexagone. Phagocitant l’histoire, c’est l’écriture, fraîche et inventive, qui se taille la part du lion, multipliant les formules brillantes. Du genre : « Pourquoi la vie n’est-elle pas éclairée comme une salle de bains ? » Ou encore : « J’ai eu une drôle de journée, ces dernières années. » Patrick Olivier Meyer dynamite la langue sans jamais la faire exploser.

Il paraît que Bret Easton Ellis s’apprête à publier un nouveau roman. S’il a la bonne idée de lire « Nevrospiral », l’Oncle d’Amérique pourrait bien reconnaitre Patrick Olivier Meyer comme un de ses neveux cachés.

« Nevrospiral », par Patrick Olivier Meyer, Calmann-Lévy, parution le 18 août prochain.

Les fans de Mylène, j’aime !

Grâce à vous, fans de Mylène Farmer, ce blog vient de battre des records d’affluence. N’est-ce pas l’occasion de vous remercier d’avoir réservé un accueil aussi chaleureux à mon livre ? De vous dire aussi que j’ai le sentiment que nous partageons une même sensibilité, et sans doute une même ambition de faire de chacune de nos vies une existence où la tiédeur n’a pas de place. Encore merci, et à très bientôt… sur ce blog ou ailleurs.

D'après certaines sources, Mylène aurait aimé mon livre...

Jean-Philippe Chatrier n’est plus

 

Il était acteur, grand reporter, mais surtout c'était un homme de coeur.

Au cinéma, Jean-Philippe Chatrier avait été le fils de Belmondo (dans « Itinéraire d’un enfant gâté ») et de Bernard Tapie (dans « Hommes femmes mode d’emploi »). Pour « Paris Match », il était grand reporter et un interviewer de grand talent. Dans le monde des lettres, il prêtait notamment sa plume à l’explorateur Nicolas Vanier.

Cet homme aux manières toutes britanniques, toujours élégant, aimait les dialogues de Michel Audiard et savait raconter mille et une anecdotes sans jamais se donner le beau rôle. Le 6 juillet, cet ami a succombé à une crise cardiaque, à 54 ans, en effectuant son footing dans le bois de Boulogne.

Fils de Philippe Chatrier, qui a donné son nom à un court de tennis de Roland-Garros, Jean-Philippe aura connu une existence riche en rebondissements. Malgré tout, il n’a pas pu achever le roman de sa vie qu’il projetait d’écrire. Son sourire toujours bienveillant va cruellement nous manquer…

Le nouveau clip de Mylène Farmer

Alain Escalle vient de publier sur son site les images qui accompagnaient la ballade « Point de suture » durant la tournée 2009 de Mylène Farmer. Elles forment la trame d’un véritable clip où la star brille par son absence. Comme deux insectes privés de carapace, deux corps nus et recouverts d’or s’attirent et se repoussent, s’enlacent et se griffent, se tournent le dos et s’emboîtent. Bref, en expérimentant chaque fois le mouvement contradictoire du désir, ils apportent la démonstration qu’ils ne peuvent se passer l’un de l’autre. Le slogan soixante-huitard « faites l’amour, pas la guerre » n’a aucun sens. L’amour et la guerre, semble nous dire la chanson, sont les deux faces d’une même pièce que les amants rejouent sans cesse.

Cette fois, Mylène brille par son absence.

« Tournée »… manège !


C’est un tourbillon qui nous entraîne dans le cerveau en fuite d’un producteur qui veut donner du sens à sa vie. Auparavant, il faisait des émissions de télé merdiques. Désormais, il offre à une troupe d’Américaines l’opportunité de jouer en France. Numéros de strip-tease baroques qui évoquent ceux des travestis dans les cabarets de province. Mais un mur résistera au goût de liberté dont il veut jouir : celui de Paris. Pour son premier film, Mathieu Almaric réussit l’exploit de nous faire croire à ce monde factice dont il filme les coulisses, femmes dont les formes généreuses semblent trahir l’immensité du coeur. Il campe un personnage traqué dont le regard halluciné trahit l’angoisse de mort, enfant perdu en quête d’une mère qui le rassure. Rarement on avait senti un lien aussi intime entre le sens du spectacle et l’urgence de vivre. 

Un enfant perdu se réfugie dans le giron de femmes girondes.