Alain Corneau ne filmera plus…

 

Le réalisateur de "Série noire" et de "Tous les matins du monde" vient de décéder, à 67 ans.

 

Il y a deux jours, je suis allé voir « Crime d’amour », son nouveau film, avec un pincement au coeur. On venait de m’assurer que le cinéaste était très malade. De fait, lorsque le film est sorti, le 18 août dernier, Alain Corneau avait été hospitalisé deux semaines plus tôt, victime d’une grave rechute de ce qui semble être un cancer. Pourtant, depuis son lit, il suivait autant que possible le parcours de ce film dont il savait que ce serait le dernier. Il nous a quittés dans la nuit de dimanche à lundi, à 67 ans.

 Alain Corneau a connu la reconnaissance du public et celle de ses pairs. Si son chef d’oeuvre reste sans doute « Série noire » (il aura excellé dans le polar), son plus grand succès restera « Tous les matins du monde », un hommage rendu par ce fou de jazz à la musique baroque. Mais on doit aussi au réalisateur « Nocturne indien » ou « Stupeur et tremblements », deux dépaysements radicaux, en Inde puis au Japon, où il est question d’identité. Ne faut-il pas d’abord se perdre pour espérer se trouver ? Alain Corneau pose cette question avec une bouleversante acuité.

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Houellebecq assassiné !

 

L'ami de Clément (son chien) et de Beigbeder met en scène sa propre mort : un véritable massacre.

 

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Alors qui mieux que Houellebecq lui-même pouvait imaginer sa propre mort, un assassinat atroce digne de ceux qu’on rencontre dans certains films américains comme « Le silence des agneaux » ou « Seven » ? Et comment mieux exorciser la peur de mourir qu’en décrivant sa propre disparition ? Dans « La carte et le territoire », son nouveau roman, l’auteur s’invente en écrivain misanthrope (« vieille tortue malade », « débris torturé », selon ses propres termes), caricature de lui-même, sorte de miroir déformant pour le héros, Jed Martin, artiste contemporain en quête de nouvelles intuitions. 

Avec « La carte et le territoire », Houellebecq signe un grand roman sur la création, à la fois décomplexée et démystifiée, finalement pas si éloignée de l’activité artisanale.  Fidèle à l’imaginaire de l’auteur, le livre égrenne son lot de désespoirs. Une belle histoire d’amour, fugace et passionnelle, que Jed n’arrivera jamais à faire revivre. Une émouvante relation de filiation, aussi, entre un père vieillissant et son fils. De savoureuses pages mondaines où apparaissent quelques people, dont certains inattendus, comme Julien Lepers. Des passages un peu indigestes, parfois, qui décrivent avec une précision d’orfèvre les techniques utilisées par l’artiste. Et, pour la première fois, une intrigue policière (liée au meurtre de Houellebecq) que n’aurait pas reniée Agatha Christie.

Rien de sulfureux, ou presque – pas de relations sexuelles tarifées ni de diatribe adressée à telle ou telle confession religieuse. Le pessimisme reste de mise, bien sûr, mais seulement à l’échelle existentielle. Car, bonne nouvelle, grâce à l’agriculture et au tourisme, notre pays résiste bien aux multiples crises économiques qui secouent la planète après celle de 2008. Et le discours se teinte d’écologie, les derniers travaux de l’artiste Jed Martin tendant à montrer la supériorité de la nature sur la technologie. Qu’au bout du compte, même les objets les plus sophistiqués se désagrègent, laissant la végétation les engloutir.

Pour le reste, à vous de vous faire votre idée du livre, de vous l’approprier. Et de confier vos impressions sur ce blog…

« Crime d’amour » : le dernier film d’Alain Corneau

 

Un film oppressant, l'histoire d'une vengeance dont nous devenons complices malgré nous...

 

Le monde de l’entreprise, on le sait, est une jungle où sévissent les pires relations qui soient, celles qui sont dictées par la soif inextinguible de pouvoir. Isabelle (Ludivine Sagnier), cadre montante d’une société internationale, le sait mieux que quiconque. En devenant la cible de sa boss, Christine (Kristin Scott-Thomas), manipulatrice et démoniaque, cette  jeune femme qui ne vit que pour son travail voit son existence vaciller. Harcelée, puis humiliée, alors qu’elle voue une adoration à sa supérieure, elle semble plonger dans une dépression abyssale…

La prouesse de ce film, cette guerre des nerfs, cette lutte à mort  entre deux femmes dont aucune ne veut capituler, est de nous rendre peu à peu complice d’un meurtre. Car, oui, on est du côté d’Isabelle. Oui, sa vengeance nous semble légitime. A tel point que le moment où Christine est poignardée ne nous émeut guère. Au contraire, ce « crime d’amour » est un vrai soulagement, une catharsis. Pourtant, le doute s’installe peu à peu, à mesure que l’on comprend combien Isabelle, au fond, est aussi calculatrice et glaciale que son modèle abhorré. 

Le dernier film d’Alain Corneau, qui vient de s’éteindre des suites d’un cancer, à 67 ans, vous tient en éveil du début à la fin et vous laisse, au final, avec un sentiment de malaise métaphysique profond…

Martine et Ségolène n’ont pas enterré la hâche de guerre

 

En public, elles jouent la détente. Mais en coulisses, la guerre continue...

 

A La Rochelle, où se déroulent les Universités d’été du PS, elles jouent l’apaisement. A Ségolène le discours d’ouverture, à Martine le discours de clôture. Mais en coulisses, même si elles prétendent être en relation constante, même si elles ne parlent que d’union, ce n’est pas exactement la même chanson.

Forte d’un sondage qui la donne gagnante au second tour de la présidentielle de 2012 face à Nicolas Sarkozy (avec 53 % des voix), Martine Aubry se sent pousser des ailes – surtout si, comme le croit une grande partie de la classe politique, Dominique Strauss-Kahn n’a aucune intention d’abîmer son image de patron du FMI en descendant dans l’arène des primaires.

Quant à Ségolène, très acclamée sur ses terres (elle a été réélue triomphalement présidente de la région), elle n’a pas renoncé à son destin national. Si elle a quelque peu dévissé dans les sondages, les faits semblent donner raison à la thématique de « l’ordre juste » qu’elle avait martelée durant la campagne de 2007. Il ne lui est donc pas interdit de croire que sa cote de popularité va remonter. Ce qui ne sera possible qu’à deux conditions: qu’elle se montre l’adversaire la plus pugnace de Nicolas Sarkozy et qu’elle apparaisse comme une championne de l’union à gauche. D’où ses multiples appels au rassemblement…

Pourtant, le soir même, toutes deux se disputaient les faveurs des journaux télévisés : Martine squattait celui de TF1, et Ségolène répondait aux questions de Marie Drucker sur France 2. Une manière de se partager l’espace médiatique ou de tirer la couverture à soi  ?

Jean-Pierre Pernaut, héros malgré lui

 

Devenir le personnage d'un roman de Houellebecq, JPP ne s'attendait pas du tout à ça...

 

Dans le nouveau roman de Houellebecq, « La carte et le territoire », le présentateur du JT de TF1 devient un personnage à part entière, patron d’une chaîne de télé, Michelin TV, et auteur de best-sellers comme « La France des saveurs » ou « les magnifiques métiers de l’artisanat ». Et l’auteur d’encenser le chantre de nos campagnes : « Le trait de génie de Jean-Pierre Pernaut (…) avait été de comprendre qu’après les années 1980 « fric et frime », le public avait soif d’écologie, d’authenticité, de vraies valeurs. »

Le héros du livre, Jed, artiste, a même consacré un tableau au journaliste, intitulé « Le journaliste Jean-Pierre Pernaut animant une conférence de rédaction ». Un bel hommage, en somme, à cette figure emblématique de la télé, qui défend depuis des années une vision régionaliste de l’information souvent moquée. Et une pique de plus de la part de Houellebecq adressée à la pensée germano-pratine.

Le duo Ben Harper/Mylène Farmer confirmé

 

Décidément, Mylène est toujours dans les bons coups...

 

Ce n’était pas une rumeur : Universal Music vient de confirmer l’enregistrement du duo Ben Harper/Mylène Farmer sur l’album hommage au groupe INXS qui doit sortir prochainement. Révélé en 1988, alors que Mylène cartonnait avec « Pourvu qu’elles soient douces », le titre « Never Tear Us Apart » demeure un des titres emblématiques du groupe. A l’époque, d’ailleurs, Mylène ne cachait pas son attirance pour « la voix sensuelle » de Michael Hutchence, le chanteur.

Harper/Farmer : ça sonne plutôt bien, non ? 

Pour se faire une idée des arrangements du titre et imaginer la voix de Mylène se mêlant à celle de Ben Harper, une écoute de la version solo s’impose…

http://www.inxs.com/australian/

La nouvelle version du tube d'INXS devrait être proche de celle enregistrée récemment en solo par Ben Harper.

Beigbeder, guest star du nouveau Houellebecq

 

L'auteur de "99 francs" fait quelques apparitions savoureuses dans "La carte et le territoire".

 

Parmi les quelques people présents dans « La carte et le territoire », le nouveau roman de Michel Houellebecq (à paraître le 6 septembre), Frédéric Beigbeder occupe une place à part. Si le romancier prend plaisir à taquiner son ami, insistant sur sa « gaieté forcée », les rires qui ponctuent sa conversation ou « l’éclat de son regard », qui tient « sans doute davantage à la cocaïne qu’à la ferveur religieuse », il dresse un portrait plutôt élogieux de l’homme, le comparant même à Sartre !

« Par ses positions courageuses en faveur de la législation de la drogue et de la création d’un statut de prositutés des deux sexes (…), écrit Houellebecq, Frédéric Beigbeder était peu à peu devenu une sorte de Sartre des années 2010, ceci à la surprise générale et un peu à la sienne propre, son passé le prédisposant plutôt à tenir le rôle d’un Jean-Edern Hallier, voire d’un Gonzague Saint-Bris. »  Tous ceux qui connaissent un peu l’auteur de « 99 francs » trouveront qu’il y a quelque chose de juste dans ces lignes, même si  le trait est délibérément provocateur.