Pourquoi Mylène casse la baraque

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1/ Parce qu’elle propose un spectacle total qui peut séduire même ceux qui n’apprécient pas son répertoire. Ainsi, la danse des robots est une attraction à part entière qui fait l’unanimité et suscite un incroyable bouche à oreille.

2/ Parce que la présence de nombreux people venus à Bercy (Florence Foresti, Luc Besson, Mouloud Achour, France Gall, etc…) constitue un formidable argument promotionnel – si autant de VIP se sont déplacés, c’est que le show  vaut vraiment le détour.

3/ Parce que Mylène est la seule chanteuse rescapée des années 80 et que si toutes les idoles meurent, c’est notre passé (et notre jeunesse) qui disparaît. Alors on la chérit (et on la « visite ») comme un vrai monument national.

4/ Parce qu’elle propose, cette fois, un show résolument optimiste, dépouillé de tous les éléments morbides de son univers qui, d’ordinaire,  génèrent une forme de clivage dans le public.

5/ Parce qu’elle peut compter sur une armée de fans fidèles et passionnés, dont certains ont assisté aux dix concerts proposés à Bercy – c’est dire leur dévotion. Pressentent-ils qu’il pourrait s’agir de l’ultime tournée farmerienne ?

 6/ Parce que, malgré une scénographie (lumières, costumes, chorégraphies)  quasi parfaite, Mylène n’hésite pas à montrer ses failles, son émotion, ses larmes, et sa voix qui parfois chancelle – derrière l’aura de la star, l’humanité est toujours perceptible.

7/ Parce que voir sa silhouette aussi belle et classieuse, tente-ans après ses débuts, est rassurant : dans un monde chaotique qui bouge sans cesse, Mylène a vraiment quelque chose d’intemporel.

Une pensée pour Gilles Verlant

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J’avais rencontré Gilles Verlant il y a quatre ans, lors d’une séance de dédicaces à la mairie du 17ème arrondissement. Il était mon voisin de droite et, devant lui, étaient empilés les nombreux livres qu’il a écrits sur Gainsbourg. J’avais immédiatement apprécié sa gentillesse, son sens de l’écoute et son empathie naturelle, évidente dans les contacts qu’il nouait avec ses lecteurs. Nous nous étions revus plusieurs fois, à déjeuner ou pour un café.

En mai dernier, je l’avais interviewé pour une biographie que je prépare actuellement. Il m’avait semblé fatigué. C’était un bourreau de travail, capable d’écrire quatre livres à la fois. Ce vendredi-là, il m’avait dit être fou amoureux. Et il parlait de sa nouvelle compagne comme un adolescent qui découvre la passion. La dernière fois que je l’ai vu, c’était par hasard, mi-juillet – mais était-ce vraiment un hasard ? Il se rendait en train aux Francofollies de La Rochelle, et nous partagions la même voiture. Il m’avait présenté la jolie blonde qui faisait battre son coeur. Nous avions parlé de Benjamin Biolay, de M et de Lou Doillon.

Il était fier que ses chroniques sur France Bleue soient les plus podcastées de la station. Au-delà de l’immense biographe, capable de produire de véritables encyclopédies sur tous les sujets qu’il abordait, au-delà du conteur-chroniqueur qui allumait les plateaux de télé, ce père de famille très maternel était touchant de sincérité et de gentillesse.  En ce jour de tristesse, j’adresse une pensée recueillie à ses deux fils. Et je lui adresse à lui le témoignage de mon indéfectible amitié.

« Timeless 2013 » : une tournée qui fera date

Mercredi 11 septembre, 21h : Mylène descend de son vaisseau spatial et nous embarque sur sa drôle de planète.

Mercredi 11 septembre, 21h : Mylène descend de son vaisseau spatial et nous embarque sur sa drôle de planète.

Quand on suit Mylène depuis toutes ces années, on attend beaucoup d’elle. Trop, sans doute. C’est pourquoi j’ai tardé à commenter sa prestation à Bercy. Je suis venu pour le deuxième show, dimanche, et reparti avec une pointe de déception. Surtout à cause de la voix, qui n’était pas toujours en place, ce qui gâche un peu l’émotion des ballades – par exemple, le duo sur Les Mots avec Gary Jules a été un peu sacrifié ce soir-là. Et puis, la scénographie  futuriste m’a semblé un peu éloignée de l’univers tourmenté de Mylène. J’ai trouvé aussi que les chorégraphies manquaient d’énergie. Alors, bien sûr, l’entrée en scène m’a bluffé et j’ai adoré les robots. Bien sûr, j’ai trouvé Mylène douce et chaleureuse. Bien sûr, les tenues de scène sont sublimes. Néanmoins, ce soir-là, je suis resté sur ma faim.

Mais ça, c’était dimanche. Quand j’y suis retourné hier, c’était une tout autre chanson. Mylène a remarquablement chanté, y compris dans les notes aiguës, et tout a changé. J’ai retrouvé la Mylène que j’aime, ce filet de voix capable de tenir 15000 personnes en haleine, comme suspendues à ses lèvres. Elle a peu pleuré hier soir, à part sur Je te dis tout. Elle était magnifique, silhouette toujours gracieuse, plus détendue,  plus précise aussi dans les pas de ses chorégraphies. Sur Diabolique est mon ange, par exemple, elle a fait un sans-faute vocal et créé une belle émotion dans la salle.

Comme la voix était maîtrisée, j’ai mieux apprécié les autres aspects du show. La setlilst, par exemple, très cohérente, donne la part belle aux chansons les plus positives de Mylène. Ce n’est pas un hasard si elle a insisté sur le fait qu’elle est « quelqu’un de vivant » face à Laurent Delahousse. Après avoir véhiculé des messages sur le mal de vivre, nombre des titres retenus (A Force de, Comme j’ai mal, Slippin Away, Bleu Noir, Et Pourtant, XXL, Rêver) nous invitent à regarder la beauté du monde et nous aimer davantage.

Et puis, techniquement, ce spectacle est un tour de force magistral. Le déluge de lumières est phénoménal ; chaque chanson possède son propre écrin de couleurs. L’entrée en scène est, pour moi, sans la plus réussie de sa carrière – à égalité avec celle du Mylenium Tour. Quant à la sortie de scène, si j’ai préféré celle de Bercy 2006, je dois reconnaître que sa simplicité est signifiante – elle m’a évoqué la désintégration à la fin du clip de Fuck Them All.

Le plus joli tour de force de Mylène, c’est d’avoir réussi à nous surprendre en cassant le moule de ses shows précédents. Ainsi, la présence de Gary Jules permet de faire passer en douceur ce qui pouvait, sur la tournée 2009, apparaître comme un « tunnel » de ballades. Ainsi, encore, elle n’interprète que cinq titres de son dernier album, laissant une chance d’exister à des titres jamais entendus sur scène. Après un voyage parmi les morts, la chanteuse nous projette dans un futur éternel.

Quant à la présence de Mylène, que j’avais trouvée un peu timide dimanche, elle s’affirme peu à peu. On ressent une femme tendre et drôle, fragile et forte en même temps. Une belle de scène plus qu’une bête de scène. Une femme qui a embarqué avec elle des personnes qui n’étaient pas fans au départ. Je n’ai entendu que louanges après le concert – bien sûr, le bouche à oreille est excellent sur la danse des robots. Et il y a fort à parier que les dernière places disponibles ne le resteront pas longtemps. Qu’on aime Mylène ou pas, Timeless 2013 est une tournée qui fera date…

Merci, Mylène !

« Je suis quelqu’un de vivant »

Dans le journal de Laurent Delahousse, hier soir, Mylène s’est montrée plus loquace que d’habitude. Balayant son image d’artiste tourmentée, elle a martelé : « Je suis quelqu’un de vivant ». Toutefois, si elle considère que sa qualité principale est la fidélité, elle reconnaît que son principal défaut pourrait être « un mal de vivre envahissant ».

Quand on lui demande si Timeless sera sa dernière tournée, elle répond : « J’ai le sentiment que c’est toujours la dernière fois », n’ouvrant ni ne fermant aucune porte, affirmant son ancrage dans le présent.

Bref, face à un Laurent Delahousse pertinent et charmeur, elle s’est montrée touchante et concentrée, marquant sa différence avec d’autres artistes en affirmant sa discrétion dans un monde où, selon elle, la parole est trop présente. « Moi, j’ai besoin de réfléchir », a-t-elle confié. Qui pourrait lui donner tort sur ce point ?

Un concert de haute tenue

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Belle de scène

Une entrée de toute beauté...

Une entrée de toute beauté…

«C’était la première fois, c’est toujours perturbant et c’était magique », a confié Mylène à son public, hier soir. La première date d’une tournée  n’est jamais la plus facile. Surtout lorsque les attentes sont aussi fortes. Rien n’est encore rodé et la pression liée à l’enjeu génèrent forcément quelques menus accrocs.

Sans avoir lu toutes les réactions sur ce premier Bercy, sans avoir visionné les vidéos pour garder aussi intact que possible l’effet de surprise, j’ai vraiment hâte de vivre la deuxième date – qui sera ma première.

Et j’espère de tout coeur que ceux et celles qui ont vue Mylène hier soir  se sont réfugiés dans de beaux rêves peuplés d’images futuristes.. .

Mylène à la folie : l’enquête du « Figaro »

Tout simplement sublime dans le programme de la tournée Timeless 2013...

Tout simplement sublime dans le programme de la tournée Timeless 2013…

La journaliste Lena Lutaud a passé une semaine à enquêter sur le phénomène Mylène Farmer et « Le Figaro » a décidé de consacrer sa Une au retour sur scène de la star. Pas vraiment de révélations, mais un  travail pertinent de synthèse auquel j’ai eu l’honneur de participer. Merci Lena…

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