Bernard Giraudeau, écorché-vif

 

J’avais rencontré Bernard Giraudeau il y a deux ans à l’occasion d’une interview. A l’époque, il se déplaçait difficilement et la maladie lui faisait un masque de douleur. Il m’avait repris vertement lorsque j’avais évoqué un « combat contre la maladie ». « On ne combat pas le cancer, m’avait-il dit, on vit avec, on l’apprivoise. » Par la suite, il m’avait appelé à plusieurs reprises, y compris au milieu de la nuit, soucieux de chaque mot qu’on lirait de lui dans l’interview, prompt à s’emporter lorsqu’il sentait la moindre résistance.

Bernard Giraudeau n’était pas zen, contrairement à l’image que certains voudraient donner de lui aujourd’hui. Mais comment pourrait-on l’être quand on se sent condamné ? Cet écorché-vif cherchait la sérénité comme un horizon à atteindre mais, souvent, la rage l’emportait, son tempérament impatient le rendait irascible.

Un an plus tard, en aout 2009, je l’ai croisé dans un wagon de l’Orient-Express, à l’occasion d’une manifestation littéraire organisée par Gonzague Saint Bris. Il avait l’air d’un gamin farceur, riant de tout en compagnie de Claude Sérillon et de Jacques Pradel. Et son beau regard bleu s’est électrisé lorsque je lui ai dit que je me réjouissais de le voir aussi joyeux. J’espère qu’il est parti en paix.

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