Houellebecq assassiné !

 

L'ami de Clément (son chien) et de Beigbeder met en scène sa propre mort : un véritable massacre.

 

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Alors qui mieux que Houellebecq lui-même pouvait imaginer sa propre mort, un assassinat atroce digne de ceux qu’on rencontre dans certains films américains comme « Le silence des agneaux » ou « Seven » ? Et comment mieux exorciser la peur de mourir qu’en décrivant sa propre disparition ? Dans « La carte et le territoire », son nouveau roman, l’auteur s’invente en écrivain misanthrope (« vieille tortue malade », « débris torturé », selon ses propres termes), caricature de lui-même, sorte de miroir déformant pour le héros, Jed Martin, artiste contemporain en quête de nouvelles intuitions. 

Avec « La carte et le territoire », Houellebecq signe un grand roman sur la création, à la fois décomplexée et démystifiée, finalement pas si éloignée de l’activité artisanale.  Fidèle à l’imaginaire de l’auteur, le livre égrenne son lot de désespoirs. Une belle histoire d’amour, fugace et passionnelle, que Jed n’arrivera jamais à faire revivre. Une émouvante relation de filiation, aussi, entre un père vieillissant et son fils. De savoureuses pages mondaines où apparaissent quelques people, dont certains inattendus, comme Julien Lepers. Des passages un peu indigestes, parfois, qui décrivent avec une précision d’orfèvre les techniques utilisées par l’artiste. Et, pour la première fois, une intrigue policière (liée au meurtre de Houellebecq) que n’aurait pas reniée Agatha Christie.

Rien de sulfureux, ou presque – pas de relations sexuelles tarifées ni de diatribe adressée à telle ou telle confession religieuse. Le pessimisme reste de mise, bien sûr, mais seulement à l’échelle existentielle. Car, bonne nouvelle, grâce à l’agriculture et au tourisme, notre pays résiste bien aux multiples crises économiques qui secouent la planète après celle de 2008. Et le discours se teinte d’écologie, les derniers travaux de l’artiste Jed Martin tendant à montrer la supériorité de la nature sur la technologie. Qu’au bout du compte, même les objets les plus sophistiqués se désagrègent, laissant la végétation les engloutir.

Pour le reste, à vous de vous faire votre idée du livre, de vous l’approprier. Et de confier vos impressions sur ce blog…

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