Caroline Lopez a choisi de partir…

C’était un beau brin de fille et un joli brin de plume. Une liane maniant l’humour aussi bien que le désespoir. Elle supervisait les légendes du magazine Public. Auparavant, elle avait signé certains des articles les plus irrésistibles de Voici. C’est là que je l’avais rencontrée, il y a dix ans. Capricorne, ascendant solitaire. La main sur le coeur, et le coeur sur la main. Elle avait beau offrir aux autres le visage de l’insouciance, parfois même celui de la légèreté, personne n’était dupe.

Caroline évoquait parfois son enfance comme celle de Cosette, l’héroïne des Misérables. Une enfance fracassée, des blessures qui n’avaient jamais cicatrisé, un papa qu’elle adorait et qui vivait en Espagne, où elle rêvait d’aller s’installer, comme pour réchauffer son coeur au soleil.

Elle a choisi de partir cette semaine, sans prévenir. L’existence était devenu un poids qu’elle n’avait plus la force de porter. Et même nous ne pouvons que nous incliner, respecter ce droit de vie ou de mort dont nous disposons sur nous-même, je veux qu’elle sache, là où elle se trouve, que son départ m’attriste infiniment. Et que mon seul espoir, pour elle, est que son esprit soit délivré d’une souffrance qui était devenue insupportable.

Je t’embrasse, Caroline, avec toute ma tendresse…

Caroline a été inhumée le 12 décembre au Vésinet, en région parisienne, entourée de sa famille, de ses amis, mais aussi de nombreux collègues de travail venus des rédactions de "Public" et "Voici".

7 commentaires

  1. De tout coeur avec vous. Je sais ce que c’est. J’ai malheureusement connu cela…En tout cas c’est joliment dit et pas du tout « larmoyant ». Vous avez vraiment un talent pour l’écriture.

  2. Caroline faisait partie de mes amies et les mots que vous avez choisis pour parler d’elle sont justes. Elle était à la fois légère et grave. La solitude était sa sa meilleure ennemie. La difficulté de vivre au jour le jour l’a conduite à quitter cette réalité devenue insupportable. Elle est dans mon coeur, je l’aime, elle me manque…

  3. Merci pour ce si beau texte. Je travaillais avec Caroline depuis 2003, lancement de Public. Magnifique portrait. Juste et respectueux. Merci encore.

  4. J’ai découvert cette personne par hasard sur le net en consultant l’actualité… Je viens de poster un message sur le site de ses collègues de travail tant l’évènement m’a touchée. Ceux qui l’ont approchée l’ont si bien décrite que j’ai l’impression de la connaître… trop tard . Je me pose un tas de questions comme si c’était mon amie parie brutalement. Pourquoi en arriver là quand la parole a apparemment su se libérer ?
    Merci Hugues Royer, pour votre message sur Elle, Caroline Lopez.
    Ne l’oubliez pas.

  5. Tu n’aimais pas les fins d’année avec les fêtes qui vont avec…
    Ces longues soirées de liesse générale que tu appréhendais tant,
    où la solitude te devenait insupportable….
    Tu aurais dû penser à tes vieilles copines, toujours prêtes à tourner en dérision les réunions autour du sapin…
    Depuis quelques temps, depuis quelques mois, je me disais :
    Et si j’appelais Caroline ?? Et si j’appelais Caro ??
    J’avais envie de la revoir, de lui dire : viens boire une coupe de champagne. Elle a toujours aimé les bulles… Elle pouvait être comme elles, légère, pétillante et puis après si grave, si désespérée.. Viens, on va se raconter, se rabibocher, viens nous retrouver, viens, tu nous manque…Tu me manque…
    C’est un rendez-vous manqué, Caro. Je suis si triste aujourd’hui…
    AM


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