Le meilleur de Houellebecq

 

L'écrivain jubile : son roman, moins polémique que les précédents, mais sans doute plus caustique, a déjà été imprimé à 190 000 exemplaires.

 

A l’heure où « La carte et le territoire », le nouveau Houellebecq, remporte un vif succès (en attendant le Goncourt ?), je ne peux résister à la tentation de vous faire partager quelques-uns des passages du roman que j’ai le plus savourés. Au fond, je crois que j’aime aussi Houellebecq pour les vérités dérangeantes dont il émaille la trame de ses fictions…

Sur la vie en général

« Pour ce qu’il avait pu en observer l’existence des hommes s’organisait autour du travail, qui occupait la plus grande partie de la vie, et s’accomplissait dans des organisations de dimension variable. A l’issue des années de travail s’ouvrait une période plus brève, marquée par le développement de différentes pathologies. Certains êtres humains, pendant la période la plus active de leur vie, tentaient en outre de s’associer dans des micro-regroupements, qualifiés de familles, ayant pour but la reproduction de l’espèce ; mais ces tentatives, le plus souvent, tournaient court (…). »

Sur la chance dans la vie

« La vie vous offre une chance parfois se dit-il mais lorsqu’on est trop lâche ou trop indécis pour la saisir la vie reprend ses cartes, il y a un moment pour faire les choses et pour entrer dans un bonheur possible, ce moment dure quelques jours ou même quelques mois mais il ne se produit qu’une fois et une seule, et si l’on veut y revenir plus tard c’est tout simplement impossible, il n’ya plus de place pour l’enthousiasme, la croyance et la foi, demeure une résignation douce, une pitié réciproque et attristée, la sensation inutile et juste que quelque chose aurait pu avoir lieu, qu’on s’est simplement montré indigne du don qui vous a été fait. »

Sur la filiation

« Le fils est la mort du père c’est certain mais pour le grand-père le petit-fils est une sorte de renaissance ou de revanche (…). »

Sur la virilité

« L’image de la brute virile qui assure au pieu revenait en force depuis quelques années, et c’était à vrai dire bien plus qu’un simple changement de mode, c’était le retour aux fondamentaux de la nature, de l’attraction sexuelle dans ce qu’elle a de plus élémentaire et de plus brutal. »

Sur la sexualité

« La sexualité est une chose fragile, il est difficile d’y entrer, si facile d’en sortir. »

Sur le porc

« Le porc est un animal admirable, intelligent, sensible, capable d’une affection sincère et exclusive pour son maître. (…) L’homme est-il en droit de sacrifier un animal capable de s’élever jusqu’aux bases de l’arithmétique ? »

Sur le vieillissement

« Lorsque nous rencontrons quelqu’un que nous avons perdu de vue depuis des années, nous avons parfois l’impression qu’il a pris un coup de vieux ; nous avons parfois, au contraire, l’impression qu’il n’a pas changé. Impression fallacieuse – la dégradation, secrète, se fraye d’abord un chemin à l’intérieur de l’organisme, avant d’éclater au grand jour. » 

« C’est sans doute par compassion qu’on suppose chez les personnes âgées une gourmandise particulièrement vive, parce qu’on souhaite se persuader qu’il leur reste au moins ça, alors que dans la plupart des cas les jouissances gustatives s’éteignent irrémédiablement, comme tout le reste. Demeurent les troubles digestif, et le cancer de la prostate. »

Sur l’Eglise et la mort

« L’intervention de l’Eglise était au fond bien plus légitime dans le cas d’un enterrement que dans celui d’une naissance, ou d’un mariage. Elle était, là, parfaitement dans son élément, elle avait quelque chose à dire sur la mort – sur l’amour, c’était plus douteux. »

 Sur les polytechniciens et les énarques

« C’est l’inconvénient avec les polytechniciens, ils reviennent un peu moins cher que les énarques à l’embauche, mais ils mettent davantage de temps à trouver leurs mots. »

 Sur l’artiste

« Etre artiste, à ses yeux, c’était avant tout être quelqu’un de soumis. Soumis à des messages mystérieux, imprévisibles, qu’on devait donc faute de mieux et en l’absence de toute croyance religieuse qualifier d’intuitions. »

 Sur Paris

« A Paris l’air ambiant est comme saturé d’information. »

« Il n’y a qu’à l’automne où Paris soit vraiment une ville agréable, offrant des journées ensoleillées et brèves, où l’air sec et limpide laisse une tonique sensation de fraîcheur. »

 Sur Houellebecq lui-même

« Il ressemblait à une vieille tortue malade. »

« De notoriété publique Houellebecq était un solitaires à fortes tendances misanthropiques, c’est à peine s’il adressait la parole à son chien. »

 

 

En cette rentrée littéraire, c'est le roman qui s'arrache le plus.

 

Laisser un commentaire

Aucun commentaire pour l’instant.

Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • FACEBOOK